De la 1ère à la 4ème année à la faculté … un bouleversement réel

Dr Nesrine Choucri Vendredi 22 Février 2019-14:19:46 Chronique et Analyse

De la première année jusqu'à la quatrième année, d'innombrables choses changent. Un étudiant à sa dernière année de faculté est un futur adhérent au marché du travail. Sa perception du monde est bien différente. Le Progrès Egyptien présente à ses lecteurs l'expérience de quatre jeunes personnes qui ont fait leur témoignage à ce sujet. Ils y racontent comment ont-ils vécu la transformation de la première à la dernière année ? 

Mariam Nader est étudiante à la Faculté des Langues Al-Alsun. "J'étudie à la faculté des Langues et spécifiquement au département français. Après avoir passé 4 ans à cette faculté, je peux dire qu'il y a un grand décalage entre les études à l'école et à l'université. A la première année, j'ai rencontré plusieurs difficultés telles que la traduction économique, l'étude de textes et l'allemand. Les termes spécifiques, les tournures détournées, le langage assez compliqué, et l'esprit de la traduction rendent les textes plus au moins difficiles à traduire", a-t-elle dit.

Et de renchérir : "Cependant, avec le temps, l'effort, l'encouragement de mes professeurs, je suis parvenue à bien comprendre les textes et à bien les traduire. Et puisque je suis censée traduire tous les textes dans tous les domaines, je m'intéresse plus aux sujets politiques et économiques qu'aux sujets juridiques et scientifiques. Concernant mes sentiments, je n'éprouve aucun sentiment de joie en me libérant de l'uniforme scolaire ou de la caméra de surveillance parce que je n'ai jamais considéré ces choses comme une sorte de contrainte ou de restriction. Dans les deux cas, ça m'est égal. J'apprécie tous les efforts déployés par les profs et par moi-même pour parvenir à un niveau si élevé de français".

Elle a de même assuré : "Même les matières que je croyais difficiles, elles sont maintenant plus au moins faciles et simples. Certainement j'ai passé des moments insupportables, des examens qui viennent d'une autre planète, mais sans ces moments- là, je n'aurais jamais abouti à m'asseoir sur cette chaise. Sans aucune exagération, cette Faculté est une grande opportunité pour beaucoup de jeunes".

Et de souligner : "Quant à mes camarades, certains d’entre eux sont pessimistes et d'autres sont optimistes quant à notre avenir. Je sais très bien qu'être interprète n’est pas une tâche facile, mais, je ferai de mon mieux pour y parvenir. En un mot, cette Faculté m'a enseigné tant d'expériences que je n’aurais jamais acquises ailleurs".

Quant à Gina, elle a commencé à parler de son expérience en ces mots : " Je suis en quatrième année à la Faculté Al-Alsun, je suis sur le point de terminer ma vie académique, cela me rend confuse. Avant de raconter ma petite histoire de 4 ans, j'aimerais bien mentionner que je n’ai jamais eu en tête de m'inscrire à cette Faculté, mais le destin a choisi pour moi". Elle a poursuivi son histoire en ces mots : "La première année m'a tellement choquée que je n'arrive pas à la décrire, les matières étaient presque les mêmes qu'en école, mes collègues ressemblaient à mes anciennes amies, tellement aimables et pures que leurs visages m’ont fait sentir que la vie n'est pas trop compliquée, même le bâtiment n'est pas trop immense ou sophistiqué comme j'ai imaginé, bref c'était la même ambiance de l école mais c'est la méthode qui m’a rendue folle, j'ai passé le premier trimestre en ne comprenant rien: recherches, présentations, power point, articles compliqués, matières incompréhensibles, deuxième langue. J'étais au bout de m’effondrer, je ne comprenais rien et je ne pouvais rien faire. Tout un nouveau monde que je ne comprenais pas".

Elle a conclu : " Le deuxième trimestre, je n'avais d'autres choix que de m'adapter à l'aide de mes nouveaux amis. J’ai pu me calmer et bien comprendre ce que les professeurs demandaient. J'aspire à être comme un de mes profs qui occupent des positions extrêmement importantes non pas seulement dans la faculté mais plutôt dans la société en général. Grâce à Al-Alsun, je suis le projet d'une future traductrice, diplomate, économiste, interprète et prof de langue. Dès la première vue, on peut ne pas croire qu’il s’agit d’une Faculté : des escaliers innombrables, des bâtiments de couleurs sombres et des classes si étroites qui ne ressemblent pas aux classes auxquelles on s’attendait. C’est la Faculté des Langues (Al-Alsun), une des plus anciennes Facultés enseignant les langues étrangères au Moyen-Orient.

Raymond Wessam a une vision différente de son expérience, il a dit : "Comptant un nombre trop limité de jeunes hommes et une infinité de jeunes filles, ma première journée universitaire était un cauchemar. Imaginez-vous la vie d’un étudiant qui quitte son école unisexe pour entrer à une faculté presque consacrée pour les filles uniquement ! Ma deuxième surprise était de bien découvrir que je serai le seul homme dans la promotion, suite à la décision prise par 3 autres étudiants d’être transférés à une autre Faculté après la première semaine de la rentrée. Peu à peu, j’ai commencé à faire des connaissances avec mes camarades, des jeunes filles, en prenant en charge quelques tâches ennuyantes afin de justement gagner leur confiance et leur prouver que je suis un vrai gentilhomme".

A propos des études à la Faculté, il a dit : "Quant aux études qu’on nous donne à la fac, j’ai trouvé qu’elles sont si riches et si diversifiées. On ne nous enseigne pas une certaine matière ou une spécialité particulière, mais plutôt une méthodologie dont nous pouvons nous servir dans nos recherches ainsi que dans la traduction. Cette dernière ne constitue pas justement une matière mais il s’agit d’un art, au point qu’on se trouve tous en compétition pour arriver au sens le plus proche possible de la langue source. Étudier par cœur n’a jamais été exigé, c’est vraiment inutile. On nous aide toujours à savoir comment s’exprimer autrement et à être créatifs et distingués dans le marché professionnel".  

Avant de poursuivre :"Si rapidement, nous sommes arrivés en 4ème année. Sept trimestres sont passés et nous vivons actuellement nos derniers jours en tant qu’étudiants universitaires, mais ce n’est certainement pas la fin, parce qu’on a réussi à être une seule famille grâce à l’esprit constructif qui nous a tous réunit non seulement dans les joyeuses occasions, mais aussi dans les moments durs. Une petite promotion de 26 filles et un homme n’est plus un désavantage comme je le croyais auparavant, mais c’était plutôt une bonne chance pour bien se connaître, et créer davantage de souvenirs mémorables et d’amis éternels".

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